
La vie est parfois pleine de surprises. Elle nous réserve aussi des moments insencés.
J'ai revu Nadia Avant-hier. Ca faisait si longtemps que je ne l'avais pas vu. Depuis la période des cours de vacances au CNDA. Je l'avais toujours connu joviale et éfrontée. Insolente envers la vie et tous ses coups bas. Elle avait cette capacité particulière de minimiser tout, de dédramatiser les situations les plus rocambolesques. Elle était mon idole. Toujours le sourire aux lèvres, avec cette foi inébranlable en la vie, en son Dieu et en son Succès.
Et pourtant, j'ai failli ne pas la reconnaître. J'ai senti dans son regard le désespoir. Elle semblait si triste, au bord des larmes. J'ai ressenti en moi le poids qui habitait sa poitrine et qui l'étouffait en même temps.
Elle avait besoin d'une oreille, j'en étais sûre. Et je voulais être cette oreille et même l'épaule qui recueillerait ses larmes.
Je suis d'ordinaire réservée, et il est certain que j'aurais hésiter à l'acoster, de peur qu'elle ne se souvienne de moi.
Mais tout son être semblait m'implorer de l'aider.
Je l'ai appelé, je l'ai salué et devant sa mine surprise et ravi du moment, je l'ai serré dans mes bras.
Il n'a fallu qu'une seconde pour que je sente dans ma poitrine les secousses de son coeur trop plein d'amertume. Un sanglot, des larmes, suite logique à tant d'émotions refoulée.
Je l'ai invité à prendre un pot. Elle me suivait sans parler. Elle me fixait et moi je lui tenais la main.
Une fois assise, sans même que je ne lui pose la moindre question, elle s'est mise à me parler d'elle.
Elle gardait la tête baissée, elle m'a parlé d'elle pendant des heures, sans interruption. De ce qu'elle était devenue, de ce qu'elle avait pu construire, de ce qu'était sa vie.
J'étais ravie de tout ce qu'elle me disait. Je sentais bien qu'elle s'était battu longtemps et j'étais heureuse de cette réussite qu'elle me dépeignait.
Mais alors, pourquoi cette tristesse? D'où provenait ce désarroi.
Je n'eu pas à attendre longtemps, quand je pu profiter d'une brève pause de sa part, pour lui demander si elle était marriée.
Son visage m'a semblé noircir à vue d'oeil. Ses yeux emboués de larmes, me fixait alors implorant.
C'était le sujet à ne pas aborder. Je venais sans le vouloir de remuer le couteau dans la plaie, une plaie encore saignante.
Mais très rapidement, elle balaya ces vilaines larmes de son visage et me dit tout doucement : "Ca, ce n'est pas pour moi".
La vie nous comble et nous déposséde à la fois. Certains jour on croirait rêver, tandis que d'autres on aimerait se réveiller très vite.
Je vous souhaite de savoir prendre avec courage et obstination tout ce que la vie vous réserve.
Parceque de toute façon, c'est la volonté de Dieu.